Monsieur le Président de la République,
Durant votre campagne électorale, vous vous êtes engagés devant les Français à une République exemplaire.
Les candidats aux élections législatives qui se réclament de la majorité présidentielle, et que vous soutenez à grands renforts de médiatiques déplacements ministériels, sont comptables de vos promesses.
Pourtant, les derniers développements de l’actualité nous conduisent à vous interpeller directement : votre République exemplaire s’arrêterait-elle aux frontières de Marseille ?
Ici, vous et votre Gouvernement soutenez les candidats socialistes suivants :
Dans la 1ère circonscription : M. MASSE, notoirement très proche de M. Jean-Noël GUERINI (mis en examen pour prise illégale d'intérêt, trafic d'influence et association de malfaiteurs), au point que Mme VICHNIEVSKY, candidate EELV et magistrate reconnue, a d’ores et déjà annoncé qu’elle n’appellerait pas à voter pour lui au second tour car elle le juge trop lié au système GUERINI.
Cette semaine, un huissier vient de constater qu’il distribuait des colis de printemps du Conseil Général dans son local de campagne au mépris des règles les plus élémentaires du code électoral et de la morale publique.
Dans la 3e circonscription : Mme ANDRIEUX, qui vient d’être renvoyée devant le tribunal correctionnel pour détournement de fonds publics. Alors que la presse avait révélé en février que le réquisitoire de renvoi avait été signé par le juge, le PS a opportunément attendu la semaine dernière pour lui retirer son investiture, une fois clos le délai de dépôt des candidatures et une fois les documents officiels de campagne transmis à la Préfecture. En outre, votre parti politique n’a donné aucune consigne de vote claire aux électeurs de cette circonscription, entretenant un flou qui ne trompe personne.
Dans la 4e circonscription : là, deux candidats se réclament de votre majorité présidentielle. M. MENUCCI, directeur de campagne de M. GUERINI aux élections municipales de 2008, et Mme NARDUCCI, Vice-Présidente du Conseil Général, et bras droit du même M. GUERINI dans son fief électoral.
Les deux s’accusant mutuellement à longueur de journaux, de diffamation, menaces, intimidations, et autres comportements exemplaires.
Dans la 5e circonscription : Mme CARLOTTI, qui fut porte-parole de M. GUERINI en 2008, qui a voté sa réélection à la Présidence du Conseil Général des Bouches du Rhône en mars 2011, et qui est toujours titulaire d’une délégation de pouvoir au même Conseil Général dans lequel elle continue de siéger au sein du groupe majoritaire.
C’est peut-être cette proximité avec le système GUERINI, au sein duquel elle a fait toute sa carrière politique, qui lui a valu d’entrer au Gouvernement ?
Dans la 7e circonscription : M. JIBRAYEL, actuel vice-président du groupe socialiste à l’Assemblée et vice-président du Conseil Général, que le Premier Ministre de la France est venu en personne soutenir il y a quelques jours.
Nous apprenons par la presse qu’il fait l’objet d’une enquête préliminaire pour escroquerie et détournement de fonds publics, sans évoquer les multiples procédures judiciaires pour injure publique, diffamation, ou menaces qui l’ont opposé à une sénatrice socialiste ou un député européen écologiste.
Seul le candidat socialiste dans la 2e circonscription échappe à cette litanie de procédures judiciaires, de mises en examen, ou de proximité avérée avec un système que la justice est en train de démonter pierre par pierre.
Il est vrai que M. MIGNARD vient à peine d’être parachuté à Marseille.
Force est donc de constater qu’à Marseille, les premiers pas de la République exemplaire sont plus que difficiles.
Monsieur le Président de la République, vous avez déclaré que vous vouliez aider Marseille.
Les Marseillais n’attendent pas de vous des paroles mais des gestes concrets.
Des gestes politiques :
> vous et votre famille politique pouvez immédiatement demander le retrait de la candidature de Mme ANDRIEUX
> vous et votre famille politique pouvez immédiatement demander à vos conseillers généraux de créer un groupe autonome au Conseil Général demandant la démission de M. GUERINI
Enfin, et surtout, des gestes pour Marseille : en lieu et place de déplacements ministériels sans annonces, en lieu et place d’un Premier Ministre qui ne prend même pas la peine de rencontrer le Sénateur-Maire de la deuxième ville de France, donnez des moyens à Marseille pour poursuivre son renouveau.
Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions de recevoir, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre haute considération.